Perdre un proche bouleverse tout. Les émotions submergent, et pourtant les démarches s’accumulent dès les premières heures. Travailler auprès de personnes âgées m’a appris une chose essentielle : anticiper ces formalités allège considérablement le poids qui repose sur les familles au moment du deuil. Voici un guide pratique pour traverser cette période sans se perdre dans les méandres administratifs.
Constater le décès et déclarer l’événement à la mairie
La première étape est la constatation officielle du décès. Un médecin, un médecin retraité, un étudiant en troisième cycle ou, sous conditions, un infirmier diplômé d’État volontaire peut établir le certificat de décès. Ce document est indispensable pour toute la suite des démarches funéraires.
Selon le lieu du décès, les procédures diffèrent. En établissement hospitalier ou en EHPAD, la structure se charge de la déclaration en mairie dans les 24 heures. À domicile, il faut appeler le médecin traitant ou un service de garde. En cas de mort suspecte, c’est la police ou la gendarmerie qu’il faut contacter, jamais un médecin directement.
En cas de décès survenu à l’étranger, contacter l’ambassade ou le consulat de France est prioritaire. Une transcription de l’acte de décès en France reste fortement recommandée, et les organismes sociaux doivent recevoir une copie rapidement.
La déclaration en mairie doit intervenir dans les 24 heures, au lieu du décès. Toute personne majeure peut effectuer cette démarche, gratuitement et sans rendez-vous, munie d’une pièce d’identité, du certificat de décès et de documents d’identité du défunt. Si une entreprise de pompes funèbres est mandatée rapidement, elle peut réaliser cette formalité à votre place. La mairie délivre alors un acte de décès dont il faut demander plusieurs copies. Le Pacs est automatiquement dissout à ce moment-là.
Pour ceux qui souhaitent aller plus loin dans la préparation en amont, vous trouverez des informations utiles ici.
Organiser les obsèques en respectant les volontés du défunt
Avant toute chose, il faut rechercher les dernières volontés du défunt. Elles peuvent figurer dans un testament notarié, enregistré dans le fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV), dans un contrat obsèques ou dans des directives anticipées. Les proches ont l’obligation légale de les respecter. En cas de désaccord familial, le tribunal judiciaire du lieu du décès tranche dans les 24 heures.
Si aucun contrat obsèques n’a été souscrit, il est conseillé de consulter au moins trois entreprises de pompes funèbres habilitées pour comparer les devis. Le devis est gratuit, obligatoire et détaillé, conforme à un modèle officiel. Les délais à respecter sont stricts : l’inhumation ou la crémation doit avoir lieu au minimum 24 heures après le décès et au plus tard le 14e jour.
Voici les principales options pour la destination des restes du défunt :
- Inhumation dans un cimetière communal (commune de résidence, de décès ou de caveau familial)
- Crémation, avec dispersion des cendres en pleine nature, dépôt dans un site cinéraire ou inhumation de l’urne
- Don du corps à la science, sous réserve d’acceptation par l’établissement d’accueil
Concernant les frais d’obsèques, ils incombent aux héritiers, même en cas de renonciation à la succession. La commune peut prendre en charge les funérailles si la famille manque de ressources. Des organismes comme la sécurité sociale, les caisses de retraite ou les mutuelles peuvent contribuer partiellement.

Gérer les comptes bancaires, le logement et les contrats
Dès que la banque est informée du décès, les comptes individuels sont bloqués. Un déblocage partiel reste possible jusqu’à 5 965 € pour régler les frais funéraires, de soins et les impôts du défunt. Au-delà, un acte de notoriété notarié est exigé. Les comptes joints, eux, ne sont pas bloqués, mais les héritiers peuvent en demander la clôture pour protéger leurs intérêts.
Le tableau ci-dessous résume les principales règles bancaires après un décès :
| Type de compte | Situation au décès | Action possible |
|---|---|---|
| Compte individuel | Bloqué immédiatement | Déblocage partiel jusqu’à 5 965 € |
| Compte joint | Non bloqué | Clôture possible à la demande des héritiers |
| Compte indivis | Bloqué immédiatement | Clôture avec accord de tous les cotitulaires |
| Portefeuille de titres | Bloqué immédiatement | Aucune opération sans accord des héritiers |
Côté logement, le contrat de bail n’est pas automatiquement résilié pour les logements soumis à la loi de 1989. Il est transféré aux bénéficiaires selon leur statut. Le conjoint bénéficie d’un droit temporaire d’occupation gratuit d’un an. Si le défunt était propriétaire, un notaire est obligatoire. Pour une résidence en EHPAD, il faut prévenir la direction rapidement et vérifier le contrat de séjour, car la facturation peut courir jusqu’à six jours après le décès.
Les contrats d’eau, de gaz, d’électricité, d’internet et d’assurance habitation ne doivent pas être résiliés précipitamment sans l’accord de tous les héritiers. L’assurance habitation se poursuit automatiquement. Pour le véhicule, il faut informer l’assureur dans les 15 jours et mettre à jour le certificat d’immatriculation en ligne.
Prévenir les organismes sociaux et administratifs après le deuil
Les caisses de retraite sont généralement informées automatiquement par les services de l’État. Mais le conjoint survivant doit lui-même demander la pension de réversion, soumise à conditions de ressources pour le régime général. La retraite complémentaire verse 60 % des droits du défunt, sans condition de ressources ni remariage.
Auprès de la CPAM ou de la MSA, plusieurs démarches s’imposent : demande du capital décès, remboursement des frais de maladie encore dus, et restitution de la carte Vitale du défunt. Si le défunt percevait des allocations chômage, France Travail doit être prévenu pour cesser les versements, et les héritiers peuvent réclamer les sommes restant dues.
Sur le plan fiscal, le changement de situation doit être déclaré au centre des impôts dans les deux mois. L’année suivante, deux déclarations de revenus distinctes sont nécessaires. Pensez aussi à gérer les comptes sur les réseaux sociaux du défunt, à informer ses locataires éventuels et à vous occuper de ses animaux de compagnie si le décès est survenu brutalement.


